Episodes

Saturday Jul 10, 2021
Nos territoires épopée pavillonnaire
Saturday Jul 10, 2021
Saturday Jul 10, 2021
Textes anciens et modernité se combinent dans cet hymne au théâtre
« Nos territoires », une trilogie autour d’une fratrie comme dans les Atrides ou l’Orestie. L’action ne se situe pas dans les temps anciens, mais de nos jours dans la villa familiale. Lyn, Benjamin, Hafiz, Sam sont à nouveau réunis autour des obsèques de leurs parents.
Réaliser le portrait d’une génération, la placer dans un contexte historique, l’inscrire dans une topographie urbaine, l’écrire en référence aux mythes fondateurs de l’art dramatique. Des contraintes quasi oulipiennes sous-tendent les retrouvailles de ces trentenaires dont les racines et les souvenirs s’étendent des deux côtés de la Méditerranée.
Baptiste Hamann signe un spectacle monde gravé dans la théorie des discours et le béton des réalités. S’il donne du temps à la réflexion, à sa complexité, l’auteur-metteur en scène n’oublie jamais le spectateur qu’il garde près de lui par un récit qui alterne profondeur et futilité sans jamais se précipiter.
L’achèvement de ce pari audacieux est indissociable des interprètes. Solal Bouloudnine, Alexandra Castellon, Nailia Harzoune, Yohann Pisiou, Lyn Thibault, Samuel Réhault, Olivier Veillon, le septuor virtuose tourbillonne entre la tension et la farce, le vérisme et l’insolite, l’unique et l’universel.
Le dernier volet du triptyque est situé dans l’Hôpital Henri Duffaut d’Avignon. Il faut préciser que Baptiste Hamann est né à la Coix des oiseaux, il a grandi dans une villa du Pont des deux eaux. Il a effectué ses études secondaires au Lycée Mistral. Des territoires se joue dans le gymnase de l’établissement. Une boucle se boucle dans une prodigieuse célébration théâtrale au cours de laquelle on peine à se dire je t’aime mais on ne cesse de s’aimer.
Conversation avec Baptiste Hammann sur le terrain de hand (couvert) du Lycée Mistral.

Friday Jul 09, 2021
Denis Lavant clown picaresque
Friday Jul 09, 2021
Friday Jul 09, 2021
Denis Lavant va où ses envies le mènent. Tantôt dans le In : Ubu Roi d’Alfred Jarry (2001) Un homme est un homme de Bertolt Brecht (2004), ces derniers temps dans le Off avec Samuel Beckett : Cap au pire (2018), La dernière bande (2019). Outre des apparitions régulières sur les écrans, l’acteur cultive actuellement des envies d’itinérances. Une inclination comblée avec ce projet à ses mesures.

Friday Jul 09, 2021
Mister Tambourine Man un chaos bien ordonné.
Friday Jul 09, 2021
Friday Jul 09, 2021
Mister Tambourine Man promène son café déglingué un peu partout dans le Vaucluse
Un bar comme il en existe dans tous les villages. De part et d’autre du comptoir s’affaire un serveur, « un très bon serveur » comme il aime se définir. « Tiens voilà de l’humain ! » un homme au manteau noir pousse la porte. Ce type plein de mots et le barman affairé confrontent soliloque et solitude à coup de phrases définitives, de notes flageolantes, d’objets détournés.
Karelle Prugnaud est venue une première fois au Festival, il y trois ans avec Léonie et Noéllie, jumelles pyromanes éprises de hauteur. Flanquée d’Eugène Durif, écrivain associé-complice, la metteure en scène-performeuse revient avec cette proposition nomade (16 dates, 16 communes) influencée par Le joueur de flûte de Hamelin qui élimine les rats puis efface les enfants.
Mister Tambourine Man est taillé aux mesures de Nikolaus Holtz et Denis Lavant. Le maître jongleur et le bonimenteur requalifient le bistrot en capharnaüm où tout tombe et tout s’envoie en l’air.
Karelle Prugnaud revient sur ce duo clownesque en équilibre entre le gore et le sublime.

Thursday Jul 08, 2021
Avec Fraternité Caroline Guiela Nguyen confirme toutes ses promesses.
Thursday Jul 08, 2021
Thursday Jul 08, 2021
Pour sa première venue au Festival en 2017, Caroline Guiela Nguyen inscrivait Saïgon dans l’histoire de la France coloniale. Pour son retour à Avignon, la dramaturge s’aventure dans l’anticipation.
Et si, suite à une grande éclipse, une partie de l’humanité s’effaçait de la planète ?
Le rideau s’ouvre sur un centre de consolation doté d’une cabine à message où ceux qui restent s’adressent, par voie satellitaire, à ceux qui ont disparu. Entre centre spacial et centre social, l’espace devient lieu de vie dans lequel se côtoient une douzaine de personnes venues d’un peu partout.
Si, avec la complicité de son collectif artistique, elle réussit à installer un halo sonore et lumineux entre vérisme et insolite, Caroline Guiela Nguyen sait avant tout raconter des histoires. La spéculation de départ se creuse au fil d’astucieux rebondissements. De pleins en déliés, se dessine, dans la première partie, une analyse minutieuse du deuil impossible et ses répercussions. Situé « bien des années plus tard », le second segment s’articule autour d’une attitude de fraternité, indissociable de la constance et la fidélité. Même si l’action est moins foisonnante, elle arbore de belles trouvailles. Ainsi les souvenirs ne s’effacent pas dans le cerveau mais ailleurs… .
Fraternité confirme les qualités découvertes dans « Saïgon ». Caroline Guiéla Nguyen possède l’art du romanesque, tenir une narration, creuser une pensée, susciter des émotions avec un tact, une douceur, un sens de l’empathie qui se jouent des excès et des facilités.
Caroline Guiela Nguyen détaille les origines de ce conte fantastique, second volet d’un triptyque, appelé à se développer sur de grandes scène européennes.
Du 6 au 14 juillet, 15H, la FabricA, Relâche le 10.

Sunday Jul 04, 2021
Passions dans un paquet de soie.
Sunday Jul 04, 2021
Sunday Jul 04, 2021
Adapté d’Alessandro Baricco : « Soie » un modèle d’élégie picaresque
Alessandro Barrico affectionne les voyageurs singuliers. Dans la lignée de Novecento, son piano, son paquebot, Hervé Joncour, le héros de Soie, passera la seconde moitié du XIXème siècle entre l’Ardèche et le Japon, entre les sériciculteurs et les œufs de bombyx.
Équipées, grands voyages, passions et obsessions. Il y a ceux qui partent. Il y a ceux qui restent. Des amours qui s'éclairent, d'autres qui s'étiolent... . Au fil des espoirs, des élans, des chagrins…, une diseuse, deux diseurs vont et viennent sur un quadrilatère tour à tour échiquier, planisphère, labyrinthe.
Porté par ses interprètes au diapason, "Soie" devient un récit ample et discret, poignant et mesuré. Une adaptation modèle, un modèle d'adaptation.
Epaulé par Marion Bajot, Kristof Lorion et lumières superbes d'Eric Priano, Olivier Barrere poursuit, après The great disaster (2017), son exploration des récits incarnés.
"Soie" d'Alessandro Baricco, lumières (superbes) d'Eric Priano. Du 7 au 30 juillet, 10H30. Relâche les mardi 13, 20 et 27.

Saturday Jul 03, 2021
Lampedusa Snow chronique d’une glaciation
Saturday Jul 03, 2021
Saturday Jul 03, 2021
Eleonora Romeo porte à la scène le second volet de la trilogie de la journaliste-écrivaine Lina Prosa.
Eleonora Roméo nous immerge dans les deux premiers volets de la Trilogie du naufrage, écrite par Lina Prosa, au début des années 2000. Créé en 2019, Lampedusa Beach donnait à écouter, Shauba, une femme, un corps qui sombraient au fond des mers. Dans Lampedusa Snow, Mohammed marche au cœur des Alpes où il a été abandonné.
Tout en force sensible, Fabrice Lebert raconte son voyage dans un espace de lumière et de matière, dans lequel s’entremêlent souvenirs intimes, images bibliques (L’odyssée d’Hannibal) et témoignages factuels. Le récit devient parcours sensoriel qui conduit le spectateur au plus près de ce sacrifié de notre temps.
Eleonora Romeo construit une passion de la glaciation d’autant plus poignante qu’elle évite le pathos et l’imprécation.
Du 16 au 25 juillet 12H15, Théâtre des Carmes André Benedetto. Relâche le 19.

Friday Jul 02, 2021
Job, des humains et des pantins
Friday Jul 02, 2021
Friday Jul 02, 2021
Cela tient du fétiche, Les souffrances de Job fut présenté en 2016, au Théâtre des Carmes par un collectif de très jeunes acteurs emmenés par Léa Guillec. 5 ans plus tard, la pièce d’Hanokh Levin revient grâce à la compagnie Deraïdenz et …. Léa Guillec.
75 costumes, 25 marionnettes et surtout 6 interprètes (chaque soir interchangeables) virevoltent autour de la trentaine de protagonistes imaginés par le dramaturge israélien. D’inspiration biblique, le texte relate l’itinéraire d’un homme bon et généreux qui, l’espace d’une journée, perd tout, jusqu’à l’intégrité de son corps.
La férocité sarcastique de Levin s’épanouit dans le monde iconoclaste de ces jeunes virtuoses du théâtre marionnettique. Par sa profondeur, son opulence formelle, Les souffrances de Job alimentent une fable foudroyante sur le bouc émissaire, thème éternel s’il en est.
Léa Guillec revient sur sa passion pour le texte et le dispositif mis en place.
Du 7 au 28 juillet, 21H30, La Scierie. Relâche le 13, 19 et 26.

Thursday Jul 01, 2021
Anos corps défendus paroles de corps
Thursday Jul 01, 2021
Thursday Jul 01, 2021
Comédienne, danseuse, metteure en scène, Alexia Vidal est une pionnière du théâtre mouvementé. Pour sa nouvelle création, flanquée de la plasticienne Karine Debouzi, Alexia a enregistré près de 30 personnes, à l’écoute de leur histoire et de leur apparence. Cette ''matière'' vivante irrigue une proposition théâtrale où des corps féminins, masculins, très jeunes ou plus âgés, préservés ou abîmés, s’incarnent dans la chair d’une interprète mais aussi les notes d’une musicienne, les lumières d’une technicienne toutes deux présentes au plateau. A l’arrivée on regarde, on écoute, on s’offusque, on sourit, on s’attendrit tout au long de ses tranches de vie et de morphologies. A nos corps défendus porte la marque d’une artiste attentive, engagée, curieuse de singularité, attachée au récit et aux décalages élégants.
Du 7 au 23 juillet à 17H, Conservatoire du Grand Avignon, Relâche les 11 et 18.
Avec le théâtre des Carmes-André Benedetto.

Wednesday Jun 30, 2021
Asia par Pauline Dumas
Wednesday Jun 30, 2021
Wednesday Jun 30, 2021
Asia s'inspire du calvaire d’Asia Bibi, jeune chrétienne, incarcérée pendant 8 ans dans les geôles pakistanaises pour avoir bu à une source réservée aux musulmans. Le texte de Mouloud Bélaïdi livre une fable sur le bouc émissaire. La mise en scène vigilante et précise, brode avec le son, la musique et la lumière. Mais la proposition repose avant tout sur l'interprétation sensible et mesurée de Pauline Dumas. Issue des ateliers théâtre du Chêne Noir, elle revient sur scène après un détour vers les métiers de la santé.
Du 7 au 31 juillet 2021 à 19h45, Théâtre du Chêne Noir.
Relâches les lundis 12, 19 et 26 juillet

Wednesday Jun 30, 2021
Tigres vautours icônes vampires et quelques pontifes part 2
Wednesday Jun 30, 2021
Wednesday Jun 30, 2021
Yan pei-Ming investit le Palais des papes et la collection Lambert.
140 œuvres pour 40 ans, la Collection Lambert consacre son premier niveau à la carrière de Yan Pei-Ming, né à Shanghai, de nationalité française depuis 30 ans. Le pouvoir, son poids, ses excès, sa majesté se décline à travers, les fauves seigneuriaux, les pontifes dubitatifs, immortalisés par Vélasquez ou les mythes du XXème siècle (de Martin Luther King à Mao en passant par Marilyn et Bruce Lee). Après avoir traversé ce long couloir tapissé par 120 portraits d’enfants, brossés en 120 fois 10 minutes, 120 instantanés de l’attention, de l’instinct, de la vigueur du créateur, le visiteur clôt sa déambulation sur La massive nuit. Réalisé en début d’année, cet exode humain entre en écho avec les hordes animales qui traversent le Palais des papes.
Directeur artistique de la Collection Lambert, Stéphane Ibars conçoit l’accrochage non comme une rétrospective mais comme un itinéraire amical dans le monde de Ming humaniste circonspect, valoriste plus que coloriste , profondément attaché à Avignon et son palais.

